Fils de leur Mère

 

Nos fils sont comme ces chevaux qui galopent au vent.

 

Fils de leur Mère qu'ils oublient dans leur course.

 

Leur crinière les aveugle, ils ont enlevé leur mors.

 

Quelle Terre parcourront- ils sans leur unique écuyère?

 

Nos fils sont ces purs sang aux narines écumeuses.

 

Calme !


Chat de Lune

 

Pourquoi ça ?

Chat de Lune

Je ne sais pas.

 

Tes yeux verts m'indisposent

Me bouleversent et tournent mon regard.

 

Chat de Lune

Pourtant ce n'est pas toi

Sauf peut être lorsque tu t'allongeais sur le tapis

 

J'aurai dû y penser plus tôt

Chat de pourquoi

C'est bien toi

 

Pourquoi chat ?

Chat de Lune

Je ne sais pas.


Toujours là

 

Douce la vie sans les bruits,

bruits de tourments

bruits d'inquiétude.

Ronds les angles

Quand tu me rassures.

Long , long le temps à expier

Va et vient de mes craintes

Dans mes secrets tumultes.


Soeur vaillante

 

Tu m'apparais comme cette soeur vaillante,

Toujours de l'avant.

Je te rejoins dans les secrets de tes confidences,

Ces attachements qui perdurent dans les bouleversements.

 

Je me couperais en 4 pour toi,

Tu le ferais en 8 pour moi

Comme nous l'aurions fait pour notre frère balisté de ses propres mains.

 

Soeur vaillante,

Le temps creuse des lignes autour de ta bouche

Mais je te vois encore faire tes chaussons de Sioux

sur le tas de bois de notre ferme.

 

Soeur mystérieuse, volontaire et indépendante,

je te regardais avec une envie d'avoir ce caractère fort.

 

Puis tu n'as plus rien avalé,

Plus parlé.

Toujours mystérieuse,

Soeur vaillante dans ta souffrance anorexique.


Soir d'été dans ton parfum

 

Je te vois ne pas me sentir

As tu parfois besoin de t'isoler que je te suis comme ton ombre.

 

je te sens ne pas me voir

As tu parfois  besoin de te séparer que j'entrouvre tes bras pour m'y blottir.

 

Ta silhouette

Tes gestes

Les mots que tu ne prononces pas,

Je m'acharne à me nourrir de ça

 

Lequel de nous deux s'adapte à l'autre ?

Je m'endors sur ta musique

Fausse note d'orage


Tête d'ébène

 

Tu ne veux pas couper tes cheveux

Tu te blottis contre moi la nuit, cherche ma main.

Tu ne veux pas de leçons,

Laisse tout, ne penses à rien.

 

Tu parles de mouvement perpétuel,

je t'embête avec les accords que tu oublieras.

 

Petit bonhomme qui me manque dans les soirées trop longues,

Pas plus haut que trois pommes,

Pas plus fort qu'un roseau,

Je me plie à ta loi.


Sans visite de moi

 

douze années sous la Terre sans visite de moi,

Tu n'étais pas fait pour ça.

La Terre pas par dessus Toi.

 

Et je n'ai jamais pu,

Jamais voulu.

 

Ce sont les Arbres, les Animaux , la Nature,

la Terre que je t'ai vu fouler.

Dessus , pas dessous.

 

Ce n'est pas un oubli, ni une indifférence.

Je te garde vivant,

mon fils dans tes bras en cet après midi.

 

J'avais senti que tu partirais,

Que c'étaient les dernières fois.

 

Ta chienne fermée derrière les carreaux,

Dormeur du Val dans ton parc.

 

Tu ne t'es plus posé la question de savoir si nous serions malheureux ou pas.

Mais sous la Terre , ce n'est pas Toi.

Dessus, pas dessous.

Mon Frère.


Sans Titre

 

Dormir auprès de Toi,

C'est l'Univers qui s'entr'ouvre,

La Vie qui reprend ses ailes,

Le monde à notre portée.

 

Dormir dans tes bras

Ce sont des yeux qui brillent,

Une chaleur dans l'âme,

Je pars fleur au fusil dans mes guerres intestines.

 

C'est au coeur de ton ventre

Que j'enfante le mien.

Ces mots sont si simples.

Je t'aime.


Ton regard, ma Lumière

 

Balance moi dans ce vent

Qui m'insuffle la vie

 

Pousse -moi plus haut

Dans le ciel de tes voeux

 

Mi légère, mi lourde

Entre Terre et Nuages

 

Ton regard, ma Lumière

 

Balance moi encore

Balance moi toujours

Dans ce vent qui m'emporte

Souffle de Toi en Moi


Toujours Toi, Tête brune

 

Tu m'inspires si souvent

Toi dont les joues rappellent encore celles d'un bébé.

Rondes et chaudes.

Tête brune

Joues rondes

Yeux noirs

Cheveux charbon.

 

je m'en veux lorsque tu me dis que ton meilleur moment est celui où tu me prends la main, à la nuit tombée, près de Toi.


Mi Enfant- Mi Homme

 

Je sais que c'est dans l'ordre des choses

De moins exiger de Toi,

De te laisser déployer tes ailes.

 

Je sais que c'est dans l'ordre de la Vie

de moins compter sur moi,

de prendre la route seul.

 

Trop vite,l'enfance file trop vite.

 

Tous nos souvenirs me ramènent à la mélancolie.


Ming Jué

 

 Ming Jué mon Amour

Ma Conscience Pure

Ming Jué mon miroir

Ming Jué ma patience

quand tout est en vrille dedans moi

tu es là , qui arrondit ton dos, féline

tes vibrisses à l'affut de mes sens

Ming Jué mon Amour

Ming Jué mon double

comme on se ressemble...

 

 


Petite fille

 

il n'y a que les autres qui nous voient grandir..

 

Je redeviens parfois

à l'intérieur de moi

cette petite fille pâle

sauvageonne et sensible

qu'un rien émotionnait.

Un moment douloureux

et je me sens celle-ci

écorchée mais vivante

parce qu'elle a d'autres rêves.

 

Petite fille , je l'étais

dans ce champ de blés coupés

l'été des moissonneuses

la Valstar à la main

pour ce père inaccessible

que j'ai toujours craint.

 

Je l'ai encore été

les longues nuits d'hiver,

le corps replié

maman petite fille

transpercée de chagrin

amputée à jamais d'une partie de ma chair

quand mes enfants chéris s'en sont allés trop jeunes

fermant pour toujours leurs paupières de soie

dans le petit matin.

 

Et aujourd'hui encore

lorsque je perds pied

dans notre amour immense que je vois impossible,

que tu m'étreins en silence

pour avaler mes larmes,

je me sens petite fille

égarée chez les grands.

 

Quand j'aurai brûlé ma vie

quand je mourrai pour de bon

je sais que surgira, dans ce dernier instant

cette part de moi même

qui ne m'a jamais quittée

fillette sauvageonne au coeur malmené

portée par cette quête de vouloir être aimée.